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Je prends un café ce matin (adaptation de Koekelberg_Fredriksborg_Usurpation d'identité.)

Par gabrielney • Des poèmes • Samedi 19/04/2003 • 0 commentaires • Version imprimable

Les feux des voitures luisent sur le macadam.
Quelque part s'est produit certainement un drame,
A en entendre un choeur triste de sirènes.
Il est tôt dans ce café, sept heures du matin à peine.

Un vieil homme, dans un coin, lit son journal
A une autre table, une femme au visage banal.
Un homme au bar, déjà devant une bière
Regarde dans la glace, l'horizon de son désert.

Il est sept heures et quart.

Un ou deux promeneurs, avec leur chien,
Passent, avec des regards complètement éteints.
Je pense à toi, à tes silences, à tes absences.
Je pense à tes sourires de gala de bienfaisance.

Entre une assiette sale et une tasse de café,
Des souvenirs et tant de pilules avalées,
Je crois aussi que je regarde mon horizon.
Tu devais être un produit de mon imagination.

Il est sept heures trente

Des voix, des gens entrent et sortent.
Chacun sa vie, peu d'intérêt qui se porte.
Je reprends un café et le fil des pensées,
Une à une, les petites choses inachevées.

Les vitres vibrent au passage des bus
Et le vacarme du percolateur en sus,
Comment pourrais-je me concentrer
Sur ce qui n'a jamais réellement existé.

Il est huit heures moins le quart

Notre histoire est qu'il n'y a pas d'histoire,
Tout au plus quelques phrases, quelques regards,
Un peu de baise mais pas de but, pas de raison
De commencer ou de finir, pas de complication.

Le vieil homme, dans son coin, replie son journal.
L'homme à la bière a trouvé un commensal.
Moi aussi, je reste là, troublée, incertaine
Il est encore tôt, huit heures du matin à peine.