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Courbe et contre-courbe à l’entrée d’une gare,

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Dimanche 16/10/2005 • 0 commentaires • Version imprimable

Courbe et contre-courbe à l'entrée d'une gare,
Les voitures ballottent les âmes
Dans leur voyage quotidien.
A un coin, près d'une fenêtre
Une jeune femme a les yeux
Rivés aux pages de son livre.

Courbe et contre-courbe à l'entrée d'une gare,
Est-ce une comédie ou un (mélo)drame,
Son visage, sage, ne reflète rien,
Ses traits ne laissent rien paraître.
Ses héros sont à ce point silencieux
Que je ne parviendrai pas à les suivre.

Courbe et contre-courbe à l'entrée d'une gare,
Connais-je en fait cette femme,
Que je vois chaque matin
Et chaque soir, apparaître et disparaître
Au bout du quai poussiéreux
Que la chaleur parfois enivre.

Courbe et contre-courbe à l'entrée d'une gare,
Certes, je connais aussi les siennes, mais de loin.
Je connais la couleur de son regard,
La douceur de son sourire et la musique de ses mains.
Courbe et contre-courbe à l'entrée d'une gare,
Je sais qu'elle vit mais si peu pour qui et pour quoi.
Même si parfois, dans des moments trop rares,
Elle se raconte, entre le temps et l'émoi.

Courbe et contre-courbe à l’entrée d’une gare,
J’ai beau chaque jour contemplé son beau visage,
J’ai la nette impression d’être toujours en retard,
Un peu, comme dans le temps, l’idiot du village.
Courbe et contre-courbe à l’entrée d’une gare,
Celui qui ne peut pas comprendre la vérité
Mais ces petites rencontres fréquentes mais au hasard
Peuvent-elles seulement offrir une once de réalité.

Courbe et contre-courbe à l’entrée d’une gare,
Au bout par le portillon disparaît. la dame
Qui sait ! Peut-être la reverrais-je demain ?
Je finis par avoir besoin de son être
Malgré le peu que nous partageons à deux,
Cela me semble important à vivre.