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Pourtant, je n'ai pas mérité cela.

Par Denis Marion et Gabriel Ney • Des poèmes • Mercredi 01/02/2006 • 0 commentaires • Version imprimable

Pourtant, je n'ai pas mérité cela.
Quand tu passes comme ça, près de moi
Sur tes lèvres, un joli sourire
Mais que je ne peux pas cueillir.
Comme un fruit défendu du Paradis
Défendu, à qui, pourquoi, par qui.
Je n'en connais les bonnes raisons
Mais c'est interdit de toute façon.

Pourtant, je n'ai pas mérité cela.
Quand tu passes comme ça, près de moi
Le parfum que tu laisse, très léger,
Peut-être que je dois l'imaginer,
Le parfum enivrant du fruit défendu

Mais bon dieu qui donc l'eût crû
Que sur tes jolies lèvres, un sourire
Pouvait m'empêcher à ce point de dormir.
Bien sûr, son absence sur tes lèvres
Ne donnerait qu'un accès de fièvre.
Mais le voir ainsi, aussi inaccessible
Me semble, oui, presque aussi pénible.

Pourtant, je n'ai pas mérité cela.
Quand tu passes comme ça, près de moi
Je voudrais te prendre par la taille
Et oser t'emmener vaille que vaille
Sans pudeur pour quelques pas de danse,
Et je m'en foutrais ce qu'autrui pense.
J'entendrais dans ma tête, un violon
Et pourquoi pas le son d'un accordéon.
On tournerait évitant tables et chaises
Devant ces gens noyés dans l'ascèse.

Pourtant, je n'ai pas mérité cela.
Quand tu passes comme ça, près de moi
Ha le dessin précis de ce sourire,
Mais que je ne peux pas cueillir.
Ha cette taille qui me semble si fine
Qui ne sera pas butin de mes rapines.
Ha cette démarche, que tu as pour gravir
L'escalier, que mes yeux ne peuvent fuir.

Pourtant, je n'ai pas mérité cela.
Quand tu passes comme ça, près de moi
Cependant, je ne pense pas qu’à ton corps.
De penser cela, tu aurais vraiment tort
Mais la seule chose que tu me donnes
Est un sourire à me rendre aphone
Alors que j’ai tellement à te dire
Et pas uniquement sur ce divin sourire.