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Les grandes gueules.

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Mercredi 25/01/2006 • 0 commentaires • Version imprimable

De la tronçonneuse, le bruit rageur Pour abattre le tronc fracasseur. Puis silence, chapeau bas Devant l'arbre, mis à bas. Encore quelques coups de machine Pour débiter la tête grossièrement Le passage de la chaîne assassine, Tronçonnant, encore tronçonnant. Les plus grosses branches à terre Ne peuvent plus que se laisser faire. Les autres hommes s'approchent enfin, D'antiques outils à la main. Leurs courbets, à leurs clacs, Se répondent du tac au tac. La fumée, timide, du premier feu Dans le ciel, s'élève peu à peu A la longueur des bûches, un trait, Et les machines débitent d'un trait. A leur suite, arrivent les merlins, Bien souvent accompagnés de coins. L'outil s'abat d'un coup pour fêler Et débiter les rondins en quartier, S'ils s'opposent une résistance, Les coins d'acier viennent en assistance. Dans la remorque, les bûches s'entassent Et cette journée d'hiver s'étire, se passe. Quatre ou cinq voyages jusqu'au soir Avec des courbatures comme seul espoir. Pour un oui, se lancent des jurons Ils se relancent autant pour un non. L'un serait Bourvil, l'autre Ventura, Mais on n'a que les gueules qu'on a. Ce n'était pas bien loin, Ce n'était pas bien haut. S'il gelait, ce n'était pas fort. Les bois n'étaient pas bien grands Mais au bout du compte, L'illusion était là. Pour connaître l'histoire de ce film, cliquez-ici.