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Sur les WC, sans être scatologique.

A un collègue qui s’y réfugie.

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Samedi 29/10/2005 • 0 commentaires • Version imprimable

Je suis assis
A regarder mes pieds
Je suis assis
Sur la cuvette des WC

Je regarde le sol
Dessiner des images folles.
Le bruit des chasses
Rythme le temps qui passe.
Un moment d’intimité
Pour pouvoir rêver
Ici aussi toujours de toi.
Ce qu’un jour sera
Une conversation entre nous,
Ce que serait ma levée d’écrou.

Je suis assis
A regarder mes pieds
Je suis assis
Sur la cuvette des WC

J’entends quelqu’un péter
Comme s’il voulait raconter
Son idée de l’univers
Moins paradis qu’enfer,
Enfin à l’air libre,
Enfin à l’air libre.
Il claque la porte
Et pas de main-morte.
Je retrouve ma solitude,
Perdu en altitude.

Je suis assis
A regarder mes pieds
Je suis assis
Sur la cuvette des WC

Je me raconte des choses
Vaines paroles et des roses.
Tout ce que tu ne sauras jamais
Parce que rien, je ne dirais.
Les gens peuvent être seules,
Plus qu’ils ne le veulent,
Surtout dans les cabinets
Mais c’est pour avoir la paix,
Le temps enfin de rêver
De toi et de l’éternité.

Je suis assis
A regarder mes pieds
Je suis assis
Sur la cuvette des WC