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Peut-être aurais-je dû te dire

Par Denis Marion et Gabriel Ney • Des poèmes • Dimanche 27/11/2005 • 0 commentaires • Version imprimable

C’est dans la rue du Malentendu
Que nous nous sommes rencontrés.
Peut-être nous nous sommes plus
Mais cela n’a jamais rien donné.
Pourtant, nous nous sommes revus.
Ensemble, nous avons mangé et bu.
Mais nous ne nous sommes rien dit
Qu’il vaille la peine d’être écrit.

Les réverbères, dans tes cheveux,
Laissaient, coquins, des reflets dorés.
Que j’aurais voulu caresser,
Je n‘ai pas osé demander : « je peux ? »
Tu as commencé à me parler
Ou est-ce moi qui me suis engagé
Dans une très longue conversation,
Sans prétexte, sans aucune raison.

Dans ma tête, encore je bois,
Chaque jour, le son de ta voix.
La musique, les notes, la gamme,
Pour rythmer mon âme
Dans ma tête, encore je me noie
Au fond de tes yeux, bleus, gris, verts.
Chaque jour, encore je pense à toi
Sans vraiment que je n’espère.

C’est dans la rue du Malentendu,
Je suis retourné sur ses trottoirs.
Mais je n’y plus rien vu.
Circulez, il n’y a rien à voir.
M’a dit quelqu’un méchamment,
Etait-ce un de tes anciens amants,
Qui cherchait sur ces pavés
Pourquoi tu l’avais quitté.

Moi qui n’avais pas de place,
Même un strapontin, dans ton histoire,
Je cherchais aussi avidement ta trace,
Avec encore moins d’espoir.
Peut-être aurais-je dû te dire,
Plutôt que longuement te l’écrire,
Tous les bonheurs d’être là,
Simplement là, avec toi.

Je crois que je n’ai jamais tourné
Le coin de cette longue rue.
J’ai fini par m’y installer.
Je ne t’y ai jamais revue,
Si ce n’est peut-être de loin,
Je peux toujours croire
Que sur les chemins du destin,
Je pourrais un jour te revoir.