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Usurpation d’identité : le bar de l’Astoria.

Une déclaration absconse.

Par Denis Marion et Gabriel Ney • Des poèmes • Mercredi 07/12/2005 • 0 commentaires • Version imprimable

Dans la fumée de ce cigare,
Je vois partir ma vie,
Les volutes au hasard,
Qui dessinent mes envies.
Le barman remue ses bouteilles,
Percussion douce à l’oreille,
Support à la mélodie du piano,
Qui reste, tout-à-coup, sur un do.

C’est le moment que tu choisis,
Pour entrer tout simplement
Mais mon regard déjà te suit
Dans tous tes mouvements.
Tu vas t’asseoir au bar,
Sans même un instant te mirer
Dans le grand miroir,
Inconsciente ou sûre de ta beauté.

Je replie mon journal,
Qui me protégeait encore,
De ce naufrage sentimental
Que me réservait le sort.
Tu ne parles, ni ne fumes.
Tu bois un verre de vin,
Que de temps à autre, tu humes
Pour respirer son parfum.

Je te regarde, t’imaginant
Une histoire et un caractère,
Là tout de suite, gratuitement
Sous le charme d’un regard vert.
Je regarde, j’observe,
L’esprit encombré d’idées
Que peut-être je me réserve
Par respect ou par lâcheté.

Parce que plus tard,
Un autre jour, un autre soir,
Nous avons ensemble dîné
Sans s’accrocher à la réalité.
De loin en loin, brièvement,
Nous nous sommes revus,
Trop vite et trop sobrement
Pour peindre ces pans méconnus.
Je connais maintenant ta voix,
Je connais maintenant tes yeux,
Mais pour le reste si peu
Que tu es un mystère pour moi.
Parce que des bribes ensembles
Ne donnent que des impressions
Certes où le feu flambe
Mais peut-être sans raison.

Dans la fumée de ce cigare,
Je vois partir ma vie,
Les volutes au hasard,
Qui dessinent mes envies.
Depuis ce jour fatidique,
Mon cigare dessine
Ces poèmes épiques
De ce que j’imagine