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Il vaut mieux en finir.

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Jeudi 19/01/2006 • 0 commentaires • Version imprimable

D'accord, tu ne connais plus mon visage.
D'accord, tu m'as rayée de ton paysage.
Mais ce n'est pas une raison de me détruire,
D'inciter méchamment les autres à me fuir.

D'accord, je ne te convenais peut-être pas.
Trop grande, trop petite, trop mince, trop grosse
D'accord, je n'étais pas tout ce que l'on doit
Mais pourquoi dois-tu être encore aussi rosse.

Est-ce qu'à un moment, tu n'as pas aimé
Le goût de ma chair et mes grains de beauté.
Ne m'as-tu jamais dit chaque soir que mes yeux
Te faisait penser à tous les jours heureux.

D'accord, nous nous sommes quittés
Après nous avoir tant et tant disputés.
Mais nous sommes quand même adultes,
Se respecter sans sombrer dans l'insulte.

Nous n'en étions quand même pas au point,
De s'échanger coups de pieds et de poings.
Nous en sommes simplement restés aux mots.
Quand même, certains étaient un peu de trop.

L'un envers l'autre, nous n'avons plus de dettes.
T'as repris tes bouquins, moi, mes carpettes,
Tu as emmené Tobias, ton brave chien
Et moi, bordel, je ne te dois plus rien.

Alors, pourquoi veux-tu encore me faire payer.
Toutes mes factures ont été acquittées.
Alors, arrête te dire de moi, pis que pendre.
Les gens te croient et s'y laissent prendre.

Que tu n'aimes plus du tout mes fesses,
Ne peut cacher que tu as aimé mes caresses.
Que nous soyons maintenant en désaccord
Ne peut faire oublier le partage de nos corps.

Alors, je te supplie de te taire, de la fermer
Si tu ne peux dire que des méchancetés.
Pourquoi avoir à mon égard autant de haine?
On s'est quitté pour ne plus avoir de scène.

A moins que cela soit ta pauvre manière
De me dire que je manque dans ta tanière.
Mais cela n'est pas comme ça que tu réussiras
A me faire revenir, même un jour, chez toi.

Et si, par contre, tu me hais à ce point,
Tu ferais mieux de me rayer de tes souvenirs.
Cela ne fera pas, ni à toi, ni à moi, de bien
De ressasser. Il vaut mieux en finir.