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Blauwe Kater : une soirée comme une autre dans l’antre du blues.

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Samedi 21/01/2006 • 0 commentaires • Version imprimable

Les mots coulent le long du comptoir,
Mêmes ruisseaux, mêmes rivières
Charrient les mêmes histoires,
Les mêmes exagérations sincères.

A côté, il lui parle d’amour,
Immense succès ou ample four.
Ils marient à tout le moins
La fumée de leurs vieux foins.
Partiront-ils ensemble
Découvrir ce qui rassemblent,
Comme les mégots dans le cendrier,
Ensemble dans le même merdier.

Derrière, un couple plus classique
S’échange des soupirs romantiques,
Lui, avec des yeux de merlan frit,
Elle, raide comme un parapluie.

Un homme regarde dans son verre
Le fond infini de l’enfer.
Une femme seule à une table
Avec un regard si affable,
Son parfum chatouille mes narines
Mais les œillades sont trop assassines.
Au comptoir, l’amie du barman
Echange avec lui propos diaphanes.

Entre un trio, un petit monsieur
Et deux dames aux bottes de sept lieux.
Les suit un marchand de fleurs
Avec des petits bouquets de bonheur.
A une table, les rires fusent.
A une autre, une dame se refuse,
Le paradis dans une jolie blouse
Mais dans les yeux, le blues.