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J'ai laissé passer ma chance.

Pour D. & D.

Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Mercredi 25/01/2006 • 2 commentaires • Version imprimable

J'ai laissé passer ma chance.
Peut-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

J'aurais bien pris ta main comme ça,
Il faut bien un préambule pour commencer.
J'aurais bien dis que je ne pense qu'à toi,
Plus d'ailleurs pour causer que pour baiser.
On aurait commencé un long voyage,
Celui qui commence par des regards,
Par l'étude approfondie de nos visages,
Pour deviner ce que l'on peut croire.

J'ai laissé passer ma chance.
Peut-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

Mais les choses sont ce qu'elles sont,
Un mot entraîne souvent un geste,
Sans vraiment une bonne raison
Et une passion naissante fait le reste.
Les mots deviennent plus humides,
Les paroles, beaucoup moins insipides.
Et d'ailleurs, beaucoup plus précises.
Nos réserves, peu à peu, on les incise.

J'ai laissé passer ma chance.
Peut-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

Ensemble, nous aurions enfilé l'escalier,
Celui qui monte doucement au septième ciel.
Sur le palier, nous nous serions embrassés,
Parce qu'avant d'entrer, c'est bien habituel.
Nous ne nous serions pas précipités sur le lit,
Peut-être ne nous sommes nous pas tout dit.
Prenons donc encore un peu de temps
Avant que nous ne devenions des amants.

J'ai laissé passer ma chance.
Peut-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

Mais bon, cela ne s'est jamais passé.
Parce que pendant que nous parlions,
Je me suis rappelé que je suis marié
Et finalement, bien heureux au fond.
Et puis, tu veux une maison et des enfants.
Cela n'est pas trop pour moi ces tourments.
Imagine un peu les dégâts collatéraux
Pour avoir tiré impulsivement le coup de trop.

J'ai laissé passer ma chance.
Peut-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

Non, ce n'est pas une question de moralité,
Lâcheté, parce que, il faut bien l'avouer,
J'aurais bien voyagé le long de ta nuque
Et sans me vanter, cela n'aurait pas été
Le geste distrait d'un jeune eunuque,
Qui dans tes chemins se serait fourvoyé.
J'aurais bien fait le tour de tes seins.
J'aurais bien chuté le long de tes reins.

J'ai laissé passer ma chance.
Peur-être, parce que ce n'aurait pas été la tienne.

Commentaires

par parasitemort le Mercredi 25/01/2006 à 18:21

ah c'est magnifique, c'est toi qui l'as écrit ? Magnifique.


Re: par gabrielney le Mercredi 25/01/2006 à 19:32

C'est effectivemment moi le coupable...
:-))