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Par Gabriel Ney et Denis Marion • Des poèmes • Mercredi 27/02/2008 • 0 commentaires • Version imprimable

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Ainsi passent les soirs, assis près d’un bar,
Dans un fauteuil en tapisserie un peu défraîchi,
A réchauffer pipe et très vieux whisky,
Depuis ce temps que je ne peux plus te voir.

Je n’ai pas de ton corps, la remembrance,
Je ne l’ai jamais connu, seulement soupçonné
Mais j’ai toujours le souvenir de fragrance,
De Demoiselle certes bien née, mais délurée.

Ainsi soit-il, j’ai décidé, crois-le, d’être fidèle,
A tout le moins un peu, à ces ressouvenances,
De rires, de gorges et d’idées qui se mèlent
Avec une incroyable, mais si timide aisance.

Je resterai, parce que je n’ai plus à faire,
A venir chaque jour, tant que je le peux,
M’asseoir près de ce bar, à boire ce verre,
Que nous ne partagerons plus, affreux.

Chaque soir, j’écouterai les doigts du pianiste
Egrener l’ du jazz, penché presque triste,
Sur son clavier de touches blanches et noires,
En laissant aller mon esprit seul, au hasard.

J’ai encore, je pense bien, ce pauvre droit
D’imaginer tout ce que je sais de toi.
Une main, une autre, qui concourent
Pour essayer d’en faire un virtuel tour.

Je ne penserai, prétendrai jamais tout connaître,
Puisque cet , cette amitié n’ont jamais pu naître
Mais je peux inventer le goût des soupirs,
Parce que je connais pleinement tes sourires.

Ce n’était pas ton genre les apophtegmes,
Ni le corps, ni l’esprit ne semblaient creux,
Alors j’imagine, images et mots à deux,
Entre des « j’accuse » et des « je t’aime »

Je ne saurai jamais ce qu’il serait advenu,
De nos âmes, de nos corps, si d’aventure,
Ils s’étaient retrouvés un jour, une nuit, nus,
Mais là, nous sommes, contraints, restés purs.

S’accrocher à un endroit pour croire
Que le temps peut revenir en arrière,
Cela rime certainement avec espoir,
Mais tout autant, avec des jours amers.

Je peux toujours, gratuitement, rêver
De te voir, là, maintenant, passer la porte,
Amenant, parfum, douceur et légèreté,
Parce que ce sont les rêves qui me portent.

Le bar se ferme bien tôt aujourd’hui,
Ils ont réservé l’endroit pour un gala,
Ainsi, comme hier, commencera ma nuit,
Sans t’avoir, là, tout près de moi.

J’ai maintenant bien plus que cent ans,
Nous n’avons jamais été, je crois, amants
J’ai quelque part en moi une blessure,
De ne pas savoir le sel de cette aventure.